Rollingergrund

Caractéristiques du quartier de Rollingergrund

Rollingergrund se trouve dans la partie nord-ouest de la ville de Luxembourg et il est le deuxième plus gros quartier après Cessange. À l'est, il confine au quartier de Mühlenbach et au sud-est à Limpertsberg qui est pris en étau par une partie du quartier.

Rollingergrund est un quartier très vert. Il est parsemé de nombreux espaces verts en raison de sa situation dans la vallée. De nombreux espaces verts sont disséminés par des coteaux. Le Bambësch, la forêt qui fait avant tout partie du patrimoine naturel, représente le taux le plus élevé d'espaces verts. Il confère en outre à Rollingergund une place importante dans la ville de Luxembourg, car il s'agit de la zone centrale de détente de proximité la plus étendue.

Rollingergrund est traversé par une route principale au bord de laquelle se trouve le principal habitat de la vallée. L'étirement en longueur détermine irréfutablement le tissu urbain du quartier.

Les origines de Rollingergrund remontent à 1223 avec la construction d'un moulin qui fait aujourd'hui partie du domaine de la faïencerie sur le cours supérieur du Mühlenbach qui coule entre Siebenbrunnen et Eich. Le comte Jean l'Aveugle le fit construire et ses sujets y moulaient leurs grains.

Mais ce n'est qu'à partir du XVIIe siècle que la vallée s'est animée, de Siebenbrunnen à l'actuelle Place de l'Étoile. Les noms des premiers habitants de Rollingergrund datent de 1730, car ils figurent dans plusieurs procédures relatives aux inexactitudes de la délimitation du territoire national de la ville. Depuis 1701, la municipalité interdit aux propriétaires de Rollingergrund d'accepter des étrangers et mendiants sans en avoir obtenu l'autorisation, car il y a eu de nombreuses plaintes relatives à des cambriolages, etc.

En 1726, Rollingergrund comptait 4 familles et en 1741, un rapport de la municipalité faisait état de 63 citoyens supplémentaires. Dans les années suivantes, la population n'a cessé d'augmenter et en 1773, il y avait 100 habitations à Rollingergrund, à Reckenthal, sur les coteaux de Limpertsberg et à Daubenfeld. Il s'agissait en grande partie de maisons misérables.

La « Folie Grégoire » à Siebenbrunnen était l'un des rares bâtiments de statut supérieur. Elle appartenait à la ville et fut donnée à bail en 1767 avec 8 fontaines aux frères Dominique et Joseph Pierre Boch. Ce bail avait pour objet la transformation la bâtisse en faïencerie. Les frères transformèrent même le bâtiment en château confortable.

La nouvelle industrie apporta du travail aux riverains dans la vallée. En dehors des potiers et peintres, elle employait aussi des maçons et jardiniers. L'empressement de la population à aider fut particulièrement flagrant sous la Révolution française, car elle donna momentanément asile à des réfugiés. Lors du siège de Luxembourg, la famille Boch et les ouvriers durent toutefois fuir le pays où ces derniers furent contraints de revenir.

À son retour à Rollingergrund en 1803, J.P. Boch constata que son domaine avait été entièrement dévasté. Il le reconstruisit avec une volonté de fer et n'oublia jamais ses employés. Il avait si bien réussi à souder la population par de nombreuses initiatives sociales qu'on put bientôt parler d'une grande famille. En 1800, il avait fait construire une chapelle (qui fut rasée en 1835 à cause d'un agrandissement pour laquelle la famille Boch accorda le terrain), ainsi que la première école.

Jean-François Boch devait poursuivre l'œuvre de son père et retourna à Paris après ses études de chimie avec des connaissances sur des techniques nouvelles et meilleures. Comme l'utilisation de la houille s'imposait pour la fabrication de porcelaine, il se rendit à Mettlach dans la Sarre en 1809. Cette région possédant d'immenses réserves de houille, il y fonda une nouvelle usine. Après la mort de son père, le siège social déménagea dans la Sarre.

Entre-temps, la nouvelle donne territoriale des Français scella l'intégration de Rollingergrund et Siebenbrunnen dans la commune d'Eich. La population de Rollingergrund avait toutefois peu de points communs avec celle d'Eich, en particulier après la construction de sa propre église qui lui évitait de se rendre à l'église paroissiale.

En dépit des protestations de la part d'Eich, la commune indépendante de Rolligergrund vit le jour le 8 mai 1849. La nouvelle commune englobait les localités de Rollingergrund, Rothenberg, Siebenborn, ainsi que des parties de Limpertsberg, Mühlenbach et Reckenthal. Des difficultés surgirent au début, car la répartition du produit des impôts et les limites (en particulier de Baumbësch) n'étaient pas clairement définies. Le dernier obstacle ne fut éliminé qu'en 1870.

Les premiers rapprochements s'opérèrent toutefois peu de temps après, car de nouveaux quartiers avaient vu le jour à Limpertsberg et à Hollerich après la démolition de la forteresse de Luxembourg. L'exigence de confort et de meilleures conditions d'hygiène donna lieu à l'aménagement de centres de services. La coopération entre Luxembourg et les communes s'intensifia si bien qu'une fusion fut envisagée à partir de 1900.

Le 1er mai 1920, le grand Luxembourg vit finalement le jour et Rollingergrund fut de nouveau réintégré dans la ville après 71 ans d'autonomie.

Ce rattachement entraîna les premières répartitions sociales. Jusqu'à ce jour, Rollingergrund avait une population d'ouvriers et de commerçants et a donc dû se doter d'un grand nombre de petites entreprises, restaurants et établissements horticoles. De nombreux bâtiments neufs dans lesquels des fonctionnaires se sont installés ont été construits en direction de la Place de l'Étoile.

Rollingergrund n'avait jamais eu de centre en raison de sa situation topographique, mais uniquement des grandes jonctions comme la Place de l'Étoile, le secteur autour de l'école et de l'église. La vie y florissait, tandis qu'elle disparaissait lentement de la vallée.

Le sort de Rollingergrund ressemble momentanément à celui de nombreuses autres banlieues ou quartiers : ces dernières années, leur vie sociale jadis animée a faibli et ils se sont transformés en cités dortoirs.

 

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