Seniors

Les seniors peuvent contacter pendant les heures de bureau le Service seniors qui est à leur écoute et qui dispose d'assistants sociaux qui les aident dans leurs démarches.

Le Service seniors prend en charge les besoins des personnes du troisième âge. Il gère le système du téléalarme et s'occupe du suivi social des personnes âgées. De plus, le Service seniors organise depuis octobre 2010, chaque 1er mercredi du mois un thé dansant et chaque 3ème mercredi du mois un après-midi de jeux au Konviktsgaart.

La Ville de Luxembourg a réédité en juillet 2010 le guide 60+. Ce guide fournit des informations claires et concises sur les différents services agissant dans le domaine des seniors. Ce guide est disponible en langues allemande et française. Il peut être téléchargé ici ou être retiré à titre gratuit auprès du Service seniors de la Ville de Luxembourg ainsi qu'au Bierger-Center et à l'Hôtel de Ville.

Dans le souci de mieux cibler sa politique sociale concernant les besoins des personnes âgées de 60 ans ou plus vivant à domicile, le collège échevinal de la Ville de Luxembourg a sollicité le concours du CEPS/INSTEAD pour la réalisation d'une enquête auprès de ces personnes. L'enquête permet au collège de mieux cerner les besoins réels et les souhaits des personnes âgées vivant à domicile.

En partant du principe que la personne âgée souhaite rester le plus longtemps dans son logement, malgré la probabilité de perdre progressivement son autonomie, la question est de savoir : qu'est-ce qui favorise le maintien à domicile ? Pour cela, nous supposons que les personnes âgées doivent :

  • disposer d'un degré d'autonomie relativement suffisant (appréciation de l'état de santé),
  • posséder un logement adéquat et avoir des équipements et des services de proximité dans le quartier,
  • connaître et disposer d'un réseau social privé pour le mobiliser en cas de coup dur,
  • connaître, disposer et mobiliser un réseau social institutionnel approprié à l'aide.

L'élaboration de l'étude tient compte d'une analyse démographique et géographique de la Ville de Luxembourg effectuée à un niveau infra-communal. Suit par après une enquête par questionnaire réalisée par le CEPS/INSTEAD entre octobre 2001 et février 2002. Ainsi, à partir du fichier de population de la Ville de Luxembourg, 903 ménages ont été interrogés par des enquêteurs, formant la base d'un échantillon représentatif à l'échelle infra-communale composée de six zones résidentielles.

Principaux résultats

Le rapport est composé de deux volumes, le premier portant sur l'analyse proprement dite et le second concernant les annexes techniques. Le volume 1 du rapport présente quatre parties distinctes :

  1. la problématique générale,
  2. les structures démographiques et géographiques de la Ville,
  3. la mise en place de l'enquête et
  4. l'exploitation des résultats.

Globalement, il en ressort que la plupart des personnes âgées de 60 ans ou plus qui vivent à domicile se sentent en mesure de rester chez elles. Elles sont en général satisfaites, tant au niveau de leur logement ou quartier que des services offerts par la Ville. Mais environ un quart d'entre elles présentent une autonomie relative qui découle principalement de leur état de santé. Leur degré d'autonomie, ainsi qu'un réseau d'aides relationnelles peu mobilisable, peuvent les obliger à faire appel à des aides institutionnelles à domicile pour des besoins spécifiques. Nous détaillons ces résultats en quatre points.

1) Caractéristiques générales

  • Au niveau démographique, le vieillissement de la population de la Ville de Luxembourg est atténué par les migrations des actifs étrangers.
  • La moyenne d'âge est de 71 ans parmi la population âgée de 60 ans ou plus vivant à domicile. Cependant, plus la personne avance en âge, plus elle a tendance à se retrouver isolée. Parmi les 9 534 ménages âgés estimés, plus de 46 % vivent seuls, en majorité des femmes (3 425 femmes isolées, 994 hommes isolés).
  • Il existe une grande amplitude concernant le niveau de vie des ménages âgés : il varie de moins de 200 € à plus de 8 000 € par mois, la moyenne se situant aux environs de 2 011 €.

2) Le niveau de santé

  • Plus de 80 % des personnes âgées de la Ville de Luxembourg se sentent en bonne, voire en très bonne santé.
  • Ce niveau varie essentiellement en fonction de l'âge et du niveau de vie de la personne. Par exemple, selon l'indice de santé objective, les 75 ans ou plus sont davantage concernés par des problèmes de dépendance (27,2 %) que les personnes de 60-64 ans (11,6 %). Quant au niveau de vie, 11,8 % des personnes âgées ayant plus de 2 500 € par mois déclarent être en mauvaise santé, alors qu'elles sont 31,1 % lorsqu'elles disposent d'un niveau de vie inférieur à 1 250 €.

3) Les réseaux sociaux publics et privés

  • Les services publics sont relativement peu utilisés, en particulier les services à but récréatif. En général, les personnes de 60 ans ou plus ont tendance à fournir davantage d'aides qu'à en recevoir.
  • 10 % des personnes âgées n'ont aucun membre de la famille proche encore en vie qui pourrait leur venir en aide en cas de coup dur. Il y a même 4 % qui disent ne pouvoir compter sur personne en cas de coup dur.
  • Le réseau social semble diminuer avec l'âge. Or il est difficilement compensé par le réseau formel institutionnel car les personnes ont tendance à privilégier l'aide proche.
  • Les personnes âgées souhaitent voir essentiellement le développement des services suivants : a) la diffusion de l'information et b) l'assistance à domicile.

4) Le logement et le cadre de vie

  • Le confort minimum est assuré pour la quasi-totalité des personnes de 60 ans ou plus. Cependant, il existe encore des problèmes : seuls 4,8 % des ménages âgés disposent d'équipements spécifiques pour personnes âgées ; la taille du logement n'est pas toujours adéquate ; les nuisances sonores et l'insécurité sont considérés comme des problèmes majeurs.
  • La plupart des personnes âgées ne souhaitent pas quitter leur logement pour une maison de retraite. De même, elles demeurent très attachées à leur quartier.
  • Les personnes âgées souhaitent prioritairement la présence proche d'un arrêt de bus, d'espaces verts, de services sanitaires et alimentaires. Il apparaît selon elles qu'il existe un manque au niveau des pharmacies et des épiceries notamment.

Ces constats permettent de conclure que le maintien à domicile de la personne âgée dépend essentiellement de son état de santé. En fait, la diminution de son degré d'autonomie pourrait être compensée par des aides à domicile appropriées, un niveau de vie suffisant et, dans une moindre mesure, un cadre de vie fonctionnel.

Il convient alors de se focaliser en premier lieu sur les personnes à risque de perte d'autonomie, celles à l'aide mobilisable privée limitée et aux faibles revenus. A l'aide d'une typologie effectuée par la construction d'indicateurs, environ 25 % des personnes âgées sont concernées. Ces dernières (environ 3 200) devraient recevoir un courrier afin d'être informées sur les possibilités existantes au sein de la Ville et de l'Etat pour mieux prendre en considération leurs besoins. Elles s'ajoutent au 10 % de personnes âgées qui disposent déjà de nombreuses aides institutionnelles ou privées à domicile.

Il doit être également prévu davantage de logements institutionnels adaptés, au sein de chaque quartier. Une campagne de sensibilisation peut être mise en place à l'aide de la construction d'appartements témoins, afin de montrer aux personnes âgées à très âgées l'intérêt de tels logements. Il conviendrait d'associer cette action à différents services présents dans la quartier (comme les clubs de troisième âge, les associations, les services médicaux, le Service Senior...), tout en prévoyant des antennes médico-sociales liées à ces logements.

Une campagne d'information quant à l'anticipation des besoins en réseau social et en logement (équipements spécifiques, par exemple) peut être envisagée, notamment par rapport aux personnes très âgées (75 ou 80 ans et plus).

Mais n'oublions pas que, en fin de compte, la personne âgée doit avant tout être considérée comme une personne, ressource de la vie sociale urbaine car elle offre plus d'aides qu'elle n'en sollicite.