La « Nouvelle Vague » allemande des années 60 et 70

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Dans un paysage cinématographique figé, « une scène sans culture cinématographique, un désert » (Joe Hembus), alors que la Nouvelle Vague française et le cinéma américain leur fournissaient idées et envies de tourner, vingt-six hommes de cinéma ont signé en février 1962 au festival du court métrage à Oberhausen un « manifeste » : « Nous déclarons notre ambition de créer le nouveau cinéma allemand de long métrage. Ce nouveau cinéma a besoin de nouvelles libertés. Liberté par rapport aux conventions de l'industrie. Liberté par rapport à l'influence de partenaires commerciaux. Liberté par rapport à la tutelle de groupes d'intérêt. Le vieux cinéma est mort. Nous croyons au nouveau. »

Bien que le nombre de signataires du Manifeste d'Oberhausen à avoir tourné des longs-métrages eût été relativement faible (on pourrait citer Alexander Kluge), de nouveaux cinéastes, comme Rainer Werner Fassbinder, Werner Herzog ou Wim Wenders, sont venus s'y ajouter en jouant le rôle de forces innovatrices. Le « jeune cinéma allemand » (rebaptisé « nouveau cinéma allemand » dans les années 70) fut né. Parce qu'il était l'expression concrète d'un mouvement visant à la rénovation, le manifeste fut un jalon. Mais il faut placer l'ensemble de ce mouvement dans le contexte des tentatives menées par des cinéastes étrangers : la Nouvelle Vague qui débuta en France vers 1958, le Free Cinema britannique, et les nombreuses autres approches auxquelles on s'était livré ailleurs, du Brésil à l'Italie, et dans plusieurs pays socialistes.

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