Souveraineté, neutralité, indépendance

Trois dates clé marquent le cours de l'histoire au XIXe siècle :

En 1815, au congrès de Vienne, la souveraineté du pays est proclamée et le Luxembourg est promu Grand-Duché. Le roi des Pays-Bas devient en union personnelle Grand-Duc de Luxembourg. Dans le même temps, la ville devient forteresse fédérale et accueille une garnison prussienne.

Après la révolution belge en 1839, la partie wallonne du Grand-Duché est détachée pour devenir la province belge du Luxembourg. Le Grand-Duché, sous sa forme actuelle, accède à l'indépendance.

A la conférence de Londres en 1867, le Luxembourg est déclaré neutre, la garnison prussienne part et la forteresse est démantelée. Les fortifications de Luxembourg s'étendaient alors sur plus de 180 hectares, tandis que la superficie de la ville proprement dite n'atteignait que 120 hectares. La longueur totale des fortifications souterraines était de 23 km, dont 10 restent accessibles de nos jours.

Le démantèlement de la forteresse s'est poursuivi pendant 16 ans et a coûté plus de 1,5 millions de francs-or. La disparition des fortifications de la ville haute, notamment celles où se situent aujourd'hui le boulevard Royal et boulevard du Prince Henri, tout comme celles de l'actuel quartier de la Gare, permettra la naissance de nouveaux quartiers et l'aménagement de parcs et de promenades.

Une décennie plus tôt, le chemin de fer avait déjà ouvert une première brèche dans l'enceinte fortifiée. Alors que, sur demande des autorités militaires, la gare centrale avait été établie hors de la ville. Les lignes qui y menaient traversaient le territoire de la ville, à portée des canons de la garnison. Les voies enjambaient les ravins grâce à des viaducs qui, aujourd'hui encore, confèrent à la ville de Luxembourg un cachet particulier.

Pont Adolphe © Ville de Luxembourg

La construction du Pont Adolphe débute en 1903, permettant ainsi la réalisation d'un ambitieux projet, vieux de plusieurs siècles : l'agrandissement de la ville vers les champs du Plateau Bourbon, qui, une fois leur accès facilité, sont rapidement lotis. Parallèlement se développent les nouveaux quartiers de Belair et du Limpertsberg. C'est à cette même époque que Luxembourg s'équipe des premiers services publics modernes : tramways, usine à gaz, usine électrique, abattoir, service des eaux, canalisations et égouts.

Par deux fois encore, le développement de la ville de Luxembourg subit de terribles contrecoups. De 1914 à 1918 et de 1940 à 1944, les troupes allemandes s'emparent du pays et de sa capitale. Depuis 1945, la ville a finalement pu oublier son passé marqué par les guerres et invasions et s'est tournée vers un nouveau destin.