« Le cinéma a été le seul art propre ainsi que la principale industrie culturelle du vingtième siècle. Cette constatation, au demeurant banale, contient une évidence lourde de sens : la dimension politique incontournable du septième art. Les films ont en effet, dès leur apparition, volontairement ou fortuitement, accompagné, représenté ou commenté l'histoire contemporaine. Ils ont aussi été de véritables enjeux de pouvoir pour les grands groupes économiques aussi bien que pour les gouvernements. Les politiques culturelles se sont ainsi toujours préoccupées d'un cinéma par essence prescripteur de représentations du monde, même s'il n'a que rarement revendiqué ce statut. Et même si le cinéma n'est plus le média de l'image dominant, il est toujours le seul dispositif capable de projeter le spectacle de représentations profondément politiques, de visions d'organisations identitaires et sociales dont l'intérêt et la pertinence se sont affirmés tout au long du dernier siècle. C'est pourquoi le lien unissant cinéma et politique nous semble toujours, non seulement intéressant pour mieux comprendre le septième art, mais aussi et surtout pour nous aider à penser le monde contemporain à travers son rapport aux représentations. » (Franck Bousquet)
L'abécédaire que la Cinémathèque a concocté, pour sérieux et documenté qu'il soit, flirte surtout avec la poésie, le pittoresque désarmant et parfois la mise en abime, comme dans un inventaire à la Prévert, mêlant délibérément des objets sans rapport apparent les uns avec les autres : une ronde de mots et de films, de A comme 'Apartheid' jusqu'à Z comme 'Zapata'…
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